REGARDS CROISÉS SUR EDMOND ALBE
– – – PROGRAMME – – –
9 h 00 Accueil des participants.
9 h 15.
Les origines d’Edmond ALBE, introduction à une vie entre engagement
pastoral, travail d’historien et contribution à l’archéologie et à la spéléologie
par DANIÈLE MARIOTTO, Université pour tous Cahors-Quercy, Société des études du Lot.
9 h 30
La carrière ecclésiastique d’Edmond ALBE et son séjour à Saint-Louis-des-Français.
Par MONSEIGNEUR CAMIADE, évêque de Cahors.
La « carrière » ecclésiastique d’Edmond Albe prend un tournant, à l’âge de quarante ans, au moment de son séjour romain à Saint-Louis des-Français comme prêtre étudiant. Il publie des articles dans la revue de Saint-Louis et travaille aux archives vaticanes dont il va rapporter nombre de notes et éléments historiques propres à nourrir ou compléter diverses publications sur l’histoire quercinoise. D’enseignant au petit séminaire (collège et lycée) il devient un authentique chercheur. Pour l’Église, les recherches scientifiques constituent un service de la culture et de la société d’une époque et de sa postérité.
10h
Les enjeux multiscalaires de la production scientifique d’Edmond ALBE.
Par FLORENT HAUTEFEUILLE, Université de Toulouse.
Le chanoine Albe constitue pour la recherche un cas atypique. Sa production scientifique offre un exemple rare d’une articulation peu fréquente à cette époque entre un sujet d’étude local, et une approche très large des sources et des problématiques. J’aborderai cette
question à travers :
– l’analyse fine de sa bibliographie. Au-delà de la volumétrie extraordinaire, la présentation comportera une analyse fine des conditions de sa production ;
– la question des supports de publication du chanoine Albe, en soulignant le décalage pouvant exister entre le type de revue et le contenu scientifique des articles ;
– comment l’œuvre du chanoine Albe peut être perçue comme un apport à la recherche locale, voire micro-locale, mais aussi à des problématiques beaucoup plus générales.
10 h 30 Pause
10 h 55
« Le chanoine Albe médiéviste » : cent ans après, un nouveau regard.
Par PATRICE FOISSAC, Société des études du Lot.
En référence à un article de Jean Lartigaut écrit à l’occasion du cinquantenaire du décès du chanoine Albe, il m’a paru opportun de faire un nouveau point 50 ans après. J. Lartigaut avait apporté quelques critiques et portait in fine un jugement plutôt sévère : « Sans doute ne répond-il pas aux ambitions de l’histoire universitaire moderne, il reste un érudit plus qu’un historien épris de synthèse et d’histoire comparative, mais je crois lui rendre un juste hommage en le plaçant aux côtés des meilleurs chartistes, des grands archivistes professionnels de sa génération. » Je reviendrai sur cette analyse en lui ajoutant ma propre contribution à partir de quelques exemples.
11 h 25
ALBE et ses contemporains prêtres érudits.
Par Frère CORENTIN PEZET, dominicain.
Le XIX* siècle vit l’apparition d’un grand nombre d’ecclésiastiques érudits. Passionnés, ils rendirent un grand service à l’intelligence de l’histoire de leurs diocèses. Pourtant, avec l’apparition de l’histoire pensée comme une science, leurs travaux semblent aujourd’hui
souffrir d’un manque de rigueur, marqués par une intention hagiographique ou apologétique. Face à un même objet d’étude, des tensions et des controverses se firent jour. Comment qualifier l’œuvre du chanoine Edmond Albe d’un point de vue historiographique ? Homme de Dieu, il fut aussi reconnu pour sa méthode et la qualité de ses travaux, qui continuent souvent à faire autorité. En ce sens, il semble difficile de le classer au rang des amateurs éclairés.
12 h Échanges avec la salle puis repas.
INSCRIPTION POUR LE REPAS (25 € )
Vous pouvez inscrire « n » personnes et payer par carte sur
https://societedesetudesdulot.org/adhesion-commande/
14 h 30
L’apport du chanoine Albe à l’étude des cathares.
Par Père GEORGES PASSERAT, Société archéologique et historique de Tarn et Garonne.
Quand Edmond Albe publie en 1910 son étude sur « L’hérésie albigeoise et l’inquisition en Quercy », il prend place dans le cercle étroit des premiers chercheurs du monde ecclésiastique qui s’intéressent à cette question de l’hérésie. Il explore toutes les sources disponibles en recueillant les confessions des hérétiques parues dans des documents imprimés, comme aussi dans des manuscrits inédits, conservés dans des copies manuscrites comme la fameuse collection Doat. Il exploite les registres du premier inquisiteur du Quercy, le dominicain Pierre Seilhan. Cette première approche scientifique du phénomène cathare ne démérite pas et dénote une acquisition surprenante des méthodes d’analyse des documents juridiques et une connaissance précise des lieux et des personnes. Les « albigeois », comme on les désignait à l’époque, s’inscrivent pour un long temps dans la mémoire des habitants de nos terres du Languedoc.
15 h 00
Le chanoine ALBE spéléologue.
Par PHILIPPE TISSANDYER, naturaliste et spéléologue.
Passionné d’histoire médiévale, Edmond Albe s’intéressa également à la préhistoire, mais ce que l’on sait sans doute moins, c’est qu’il füt également un fervent spéléologue, conquis à la discipline par les exploits du père de la spéléologie moderne, Edouard-Alfred
Martel. Avec le concours d’autres figures locales, telles que Raymond Pons et Armand Viré, il réalisera plusieurs descentes dans des cavités du causse de Gramat, avant la grande aventure dans le gouffre de Padirac. Sa « carrière » spéléologique sera interrompue par ses trois années passées à Rome, suite auxquelles il posera ses habits d’explorateur du monde souterrain pour ceux de préhistorien.
15 h 30 Pause
15 h 50
Le chanoine Albe et son intérêt pour l’archéologie.
Par DIDIER RIGAL, Société des études du Lot, président de l’association Archéologie lotoise, recherche et promotion.
Le chercheur est bien sûr unanimement reconnu pour ces travaux sur l’histoire médiévale du Quercy, mais on note un intérêt certain pour l’archéologie. En témoignent ses archives et guides, monographies et études qu’il publia, parfois en collaboration avec Armand Viré, sur des périodes et des thématiques allant d’Uxellodunum aux marchands de Cahors à Londres au XIII° siècle. Ces recherches qui concernent de nombreuses communes s’avèrent particulièrement utiles pour appréhender l’origine des paroisses.
16 h 20
Le chanoine Albe dans la tourmente de la loi de séparation de l’Église et de l’État.
Par ÉTIENNE BAUX,, Société des études du Lot.
En décembre 1905 est votée la loi de séparation des Églises et de l’État. En juillet 1906, Edmond Albe est nommé curé de la paroisse Notre-Dame de St Georges. Jusque-là, il est professeur, historien, jamais confronté au quotidien d’une paroisse. À travers un document disparate mais précieux par sa spontanéité, on le découvre dans son nouveau rôle. La SEL possède un manuscrit au dos duquel il notait ses projets, ses réflexions. Les faits, nous les connaissons par ailleurs : processions interdites, entretien des bâtiments et des prêtres, « délit de messe ». Tout cela, il l’a vécu jusqu’en décembre 1912, au cœur de ce faubourg populaire, verrou et porte nourricière de Cahors. En dépit des lacunes, nous rencontrons un homme de foi, d’une grande lucidité et plein d’empathie pour ses paroissiens.
16 h 55 Échanges avec la salle & clôture de la journée.
Expo
à l’espace Clément Marot durant la journée
• Exposition de photographies de Nelly Blaya
Société des études du Lot
https://societedesetudesdulot.org/
Université pour tous Cahors Quercy
http://www.uptc-cahors.org
Carrefour des Sciences et des Arts
http://www.carrefour-sciences-arts.org

