Le carnaval de Venise : pouvoir, transgression et décadence
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jeudi 4 février 2027 de 14h30 à 16h00

Giandomenico Tiepolo, « Scène de carnaval ou Le Menuet » © Musée du Louvre
Des traces attestées du carnaval de Venise apparaissent dès le Xème siècle lors de spectacles publics les derniers jours précédant les mortifications du carême. Il sert initialement à façonner la cohésion civique et politique de la commune constituée de sestieri (quartiers) marqués par leur forte identité. Il est progressivement pris en main les siècles suivants par l’aristocratie qui canalise la fête mais continue à associer le peuple aux jeux publics.
Le but premier du carnaval était d’abolir les contraintes sociales habituelles. Institutionnalisé et codifié à la Renaissance, il s’ouvre à l’opéra à partir du XVIème siècle. C’est à partir du XVIIème siècle, à l’époque baroque, que le mythe du carnaval de Venise s’est répandu dans toute l’Europe, et c’est l’image du XVIIIème siècle qui nous est la plus familière, grâce aux tableaux de Canaletto, Francesco Guardi, Giandomenico Tiepolo et surtout Pietro Longhi. Sa démesure tente alors de masquer l’angoisse du déclin commercial et politique de Venise.
Supprimé à la chute de la Sérénissime en 1797, il est réintroduit en 1980, et devient un événement touristique important et spectaculaire. L’enjeu économique est devenu tel qu’il ternit le caractère spontané de cette fête, au point de faire dire à Philippe Sollers : « Rien de plus faux, parodique et grimaçant que le carnaval moderne… Du bruit, de la laideur, de l’outrance, des masques empilés sur des masques, des contorsions pour la caméra ».
Intervenante : Daniele MARIOTTO
Historienne de formation, Danièle Mariotto a exercé les fonctions de cadre administratif au Ministère de l’Education Nationale, en établissement scolaire, puis à l’Université.
Responsable administrative du Pôle universitaire Lorient-Vannes érigé en Université en 1995, elle a été Directrice des Ressources Humaines de l’Université de Bretagne-Sud de 1995 à 2000, Secrétaire générale de Sciences Po Toulouse de 2001 à 2009. Dans le cadre européen, elle a participé à un échange universitaire avec l’Université de Turin et l’Université de Palerme.
En retraite depuis 2015, après un retour dans le Lot au collège Gambetta en tant que gestionnaire, elle se consacre désormais aux activités associatives, dont l’Université Pour Tous Cahors Quercy.
